MYTHES ET REALITES 6 SUR LA CAA

Les Mythes et réalités sur la Communication Alternative et Intervention Précoce.

D’après l’orthophoniste Mary-Ann Romski, PhD et la psychologue Rose A. Sevcik, PhD.

 

Mythe 6 : Il existe une hiérarchie représentationnelle des symboles qui va des objets jusqu’aux mots écrits (orthographe traditionnelle).

Ce mythe laisse à penser qu’un enfant peut seulement apprendre les symboles suivant une hiérarchie représentationnelle. Cette hiérarchie va des objets réels aux photographies, aux dessins, aux représentations plus abstraites, puis aux mots français écrits (orthographe traditionnelle).

Namy, Campbell & Tomasello (2004) ont indiqué que pour l’enfant âgé de treize à dix-huit mois l’acquisition précoce des mots n’est pas liée spécifiquement à un mode prédeterminé de référence symbolique, car sa compréhension des référents dans son environnement est en phase de développement. Le degré d’iconicité n’affecte pas la capacité d’établir les liens symbole-référent au début du développement du langage, mais marque une différence pour l’enfant au développement typique à partir de 26 mois. La perspective de l’enfant sur la relation entre le symbole et son référent dans l’environnement pourra évoluer tout au long de son développement. A l’âge de quatre ans, il peut développer une plus grande conscience de la fonction symbolique, posséder un plus grand vocabulaire et peut être plus ouvert à l’utilisation de différents modes symboliques. Cette donnée empirique, issue de la littérature sur le développement typique du langage, prouve que ce mythe n’est pas fondé sur des preuves concernant l’apprentissage du jeune enfant. En réalité, lors des premières phases du développement, il n’y a pas matière à inquiétude si l’enfant utilise des symboles abstraits ou représentatifs, car pour l’enfant ils fonctionnent tous de la même façon. Le choix de la banque de symboles peut être difficile pour la famille qui perçoit mal ce qui est adapté pour le jeune enfant.