MYTHES ET REALITES 3 SUR LA CAA

travail avec la tablettte

Les Mythes et réalités sur la Communication Alternative et Intervention Précoce.

D’après l’orthophoniste Mary-Ann Romski, PhD et la psychologue Rose A. Sevcik, PhD.

 


Mythe 3 : l’enfant doit montrer certaines compétences pour pouvoir bénéficier de la CAA.

 

Auparavant, les enfants avec des troubles cognitifs d’un certain niveau n’avaient souvent pas accès à la mise en place d’une CAA, car le niveau évalué de leur intelligence et leur développement sensori-moteur ne correspondaient pas aux capacités cognitives/sensori-motrices qu’on avait reliées au développement du langage précoce (Miller & Chapman, 1980 ; Mirenda & Locke, 1989 ; Romski & Sevcik, 1988).

Bien qu’on puisse défendre que certaines compétences cognitives fondamentales soient capitales pour la mise en place du langage, la relation exacte entre langage et cognition n’a pas été clairement définie (Rice, 1983 ; Rice & Kemper, 1984, pour analyses).  Les chercheurs ont présenté des arguments contre l’exclusion de l’enfant des interventions en CAA fondée sur les performances intellectuelles et/ou les compétences sensori-motrices pré-requises (Kangas & Loyd, 1988 ; Reichle & Karlan, 1988 ; Romski & Sevcik, 1988). Etant donné l’impact important qu’exerce le langage sur le développement cognitif, un déficit de langage expressif peut mettre une personne en situation de désavantage certain sur le plan du développement (Rice & Kemper, 1984). Certaines personnes atteintes de troubles sensori-moteurs sévères ne sont pas en mesure de démontrer leurs aptitudes cognitives sans moyen de communication, donc, il n’est pas possible d’exiger la preuve de ces aptitudes avant d’avoir fourni des outils et soutiens de CAA. De même, il a été prouvé que des handicaps moteurs sévères et des compétences de communication limitées peuvent affecter le développement cognitif précoce, en particulier le développement de la permanence de l’objet et des compétences de coordination moyens-fins. Ainsi, le développement du langage par la CAA peut être d’une importance cruciale si la personne doit également progresser sur le plan cognitif fonctionnel.

A la semaine prochaine pour le mythe numéro 4 !

L’équipe COMALSO