Mythes et réalités 2 sur les CAA – AAC

D’après l’orthophoniste Mary-Ann Romski, PhD et la psychologue Rose A. Sevcik, PhD.

Mythe 2 : La CAA freine ou empêche le développement futur du langage oral.

 

Le mythe qui fait de la CAA un « dernier recours » va de pair avec un autre mythe. Il s’agit du sentiment que la CAA deviendra le principal mode de communication de l’enfant et lui enlèvera toute motivation pour parler. En réalité, cette crainte partagée par beaucoup de parents et quelques professionnels n’est tout simplement pas confirmée par les données empiriques.

La littérature démontre d’ailleurs tout à fait le contraire il existe quelques études empiriques qui rendent compte d’une amélioration du langage oral après la mise en place de la CAA (cf. Beukelman & &Mirenda, 1998) ; Romski & Sevcik, 1996, pour analyses). Par exemple, Sedey, Rosin, and Miller (1191) ont noté que 80 % des quarante-six enfants atteints de Trisomie 21 (moyenne d’âge trois ans et onze mois) étudiés avaient appris des signes. Et les familles de ces enfants ont noté que ces derniers cessaient d’utilise les signes lorsqu’ils commençaient à parler ou lorsque leur parole devenait plus intelligible, Miller, Sedy, Miolo, Rosin, et Murray-Branc (1991) ont aussi rapporté que lorsque le vocabulaire initial d’un groupe d’enfants atteints de Trisomie 21 se différenciait peu de celle des enfants au développement typique ayant le même âge mental. Adamson et Dunbar (1991) ont décrit le développement de la communication chez une fillette de deux ans longuement hospitalisée et sous trachéostomie (incision dans la trachée qui forme une ouverture temporaire ou permanente permettant à l’enfant de respirer) qui utilisait les signes pour communiquer. Lorsque le tube de trachéotomie a été enlevé, elle a immédiatement essayé de parler et a rapidement adopté la parole comme mode de communication principal. Romski, Sevcik et Adamson (1997) ont évalué les effets de la CAA sur le développement du langage et de la communication chez de tout jeunes enfants avec des troubles du développement avérés, et qui ne parlaient pas au début de l’expérience. Bien que les familles de ces très jeunes enfants soient beaucoup plus ouvertes à l’utilisation de la CAA que ce que les chercheurs pendaient initialement, les parents se sont concentrés très rapidement et uniquement sur la parole lorsque leur enfant a produit son premier mot approximatif. Chez le très jeune enfant, l’utilisation de la CAA ne semble pas freiner l’acquisition de la parole (Cress, 2003). En réalité, il est probable que la CAA favorise le développement de la communication orale ; elle devrait donc figurer parmi les objectifs de l’intervention.

A la 8ème minute vous verrez Jolien et ses fameux exploits !

vidéo Jolien pointe et parle

A la semaine prochaine pour le mythe n°3 !

Bonne lecture à toutes et à tous,

Maryse Campagna pour l’équipe Comalso