SEXUALITE – HANDICAP et la LOI

LA SEXUALITÉ et LA LOI –> QUOI DE NEUF EN INSTITUTION ?

Colloque organisé par Horizon 2000,
Ce jeudi 8 septembre, dans les locaux de l’AVIQ.
Sujet parfois encore « tabou » de nos jours et qui pourtant concerne toute personne qu’elle soit ou non porteuse d’un handicap (physique, mental, comportemental, ou autre) 

Quelles pistes  :  La loi c’est bien, mais …- Quelles sont vraiment les réponses possibles offertes aujourd’hui dans les structures d’accueil?
- Quoi de la notion de consentement en lien avec la sexualité et comment en tenir compte selon la nature du handicap (plus particulièrement mental et/ou psychique)?
- Qu’en est-il de la qualité du consentement (ou du non-consentement) dans ces domaines sensibles? Pression de l’entourage, capacité ou absence d’anticipation, manque d’occasion d’expérimentation, etc… 

En première partie de journée, c’est Catherine AGHTE DISERENS, Sexo-pédagogue spécialisée, formatrice pour adultes et Présidente de l’Association Suisse « Sexualité et Handicaps pluriels » qui prend la parole.

Voici un résumé et quelques réflexions partagés lors de cette intervention.

Catherine Aghte Diserens rappelle différents points importants :

 La Sexualité chez la P.H. est acquise à titre de « Droit Fondamental », il n’est donc plus nécessaire de revendiquer ce droit par des Chartes.

La Charte peut être utile pour décliner les valeurs et servir de document rassemblant les réponses concrètes sur « Comment » on met en place  la Sexualité au sein des institutions ».

Actuellement la P.H. peut être mise en relation avec une professionnelle appelée « Assistante Sexuelle ».

Qui dit sexualité ne dit pas nécessairement besoin de procréer, ni besoin de relations sexuelles. La P.H. cherche parfois juste la tendresse, le toucher, le baiser. Catherine Aghte parle alors de « Tendresse Institutionnelle ».

Il appartient aux accompagnants de ne pas créer des besoins, envies qui n’existent pas chez la P.H., juste par supposition ou projection personnelle.

Importance de décoder avec la P.H. ses désirs, ses besoins, ses valeurs, ses attentes etc. Il arrive régulièrement que l’éducateur, l’accompagnant, le thérapeute projette les siens et « suppose, imagine » qu’il en est de même pour la personne handicapée . Attention à ne pas s’impliquer personnellement à ce propos. Chaque intervenant, thérapeute est amené à se remettre en question par rapport à la question de la sexualité chez la P.H.

 La nature du handicap (physique, déficience mentale légère, modérée, profonde, sévère, autisme, etc) va influencer la réponse concrète à donner au besoin de sexualité de la personne. Réponses différentes d’une personne à l’autre. Essentiel d’aller sur le terrain pour socialiser la sexualité afin d’être dans le concret. « Ce n’est pas autour d’une table que l’on trouve les solutions concrètes ! »

La culture d’un pays, d’une famille influence aussi le besoin, le désir de sexualité de la P.H.
Subtile nuance entre banalisation et dramatisation !!! Selon Catherine Aghte, trouver un juste équilibre est primordial. Les gestes de tendresse, certaines pratiques utilisées par la P.H. ne doivent ni être banalisés ni dramatisés. Attention aux interprétations !

Importance de la définition que chacun de nous met derrière les mots et ce que la P.H. comprend et quelle est sa définition à elle.

Trop vite, la tendance est de basculer dans abusé/abuseur, alors que pour la P.H. il n’en est pas question du tout à Interprétation fausse de par notre conception des choses qui est très différente de la leur.

Quelques citations et liens utiles :

« Comment découvrir la vraie demande de la P.H., alors que depuis toute petite,  cette dernière s’est vue obligée de se mouler à l’idéal social du moment … afin d’être intégrée et reconnue ? »     Arthur Sauter

 « Utilisons peut-être la notion de Duo au lieu de Couple »     Catherine Aghte

 « On apprend et grandit avec la souffrance, la tristesse et la jalousie »   Catherine Aghte

 « La P.H. mentale est EGO centrée (et non Egoïste) car elle dépense beaucoup d’énergie à déchiffrer nos codes de fonctionnement, à essayer de nous comprendre à Peu de place pour se concentrer sur l’autre. »   Catherine Agthe

« Dans le tandem c’est la personne handicapée qui est devant et qui tient le guidon. L’éducateur est derrière »   Christian Nile

Quelques références :

-      Guide de Bonnes Pratiques dans le contexte des institutions spécialisées

-      VISA pour le Net

-      « Alius – Alter » de Maryline Barillet

-      Film : « Lo, assistante sessuale » de Stefano Ferrari

-      Émission Storie, RSI Suisse 26 mars 2016

 En seconde partie, c’est Monsieur Alain JORET,
Psychologue, Indépendant formateur sur le P.H. et la Sexualité. A travaillé comme éducateur et directeur.

Cette partie, plus théorique, a traité de « ENTRE LA LOI ET LES VALEURS PERSONNELLES,  QUELS POINTS DE REPÈRES MORAUX À PARTIR DES ÉCRITS DE ROBERT CAMPAGNARD, PHILOSOPHE « ?

Il importe de différencier les principes de Loi de ceux de la Morale.

Tout comme le disait Catherine Aghte, il est aussi important de tenir compte des valeurs morales des P.H. et de leur famille. 

On distingue aussi :

Le droit de …  = Je peux mais je ne suis pas obligée.

Le droit à…. =  La société doit …  (Ex : Rendre tout accessible) 

Actuellement, on ne parle plus de « minorité prolongée » mais d’administration des personnes et / ou des biens.

A noter que La Loi définit des choses en matière de protection par rapport à la sexualité de la P.H. mais le sujet reste flou.  

Monsieur Joret parle aussi de la différence entre consentement et assentiment.

Il rappelle la notion de « liberté » et revient sur ce que l’on entend par « infidélité ».

 

Nous avons également eu l’occasion d’entendre par vidéo-conférence, Madame Cap Sylvie, juriste qui a rappelé la Loi de 2013 et celle de 2014 sur la protection juridique.

Bien des choses sont actuellement en mouvance à ce niveau.

Il est utile, en cas de litige ou d’abus sexuel réel de se renseigner au préalable avant d’entamer une procédure judiciaire. 

Suite à cette journée, l’idée nous est venue d’envisager la création, en partenariat avec le centre de ressources de Namur, d’un cahier en CAA sur le sujet de la sexualité.

Ce cahier reprendrait les besoins, les ressentis, les émotions, les gestes, etc en rapport avec la vie sexuelle et affective de la P.H.

A suivre … (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des conseils, des demandes, des informations à nous transmettre : info@comalso.be).

Pour toutes informations complémentaires, n’hésitez pas  à vous mettre en rapport avec Horizon 2000 qui dispose du power point des intervenants. 

Le TEAM de COMALSO

 

 

 

 

 

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