Outil pour les Orphée et Eurydice d’aujourd’hui: la CAA.

MINSPEAK, une autre Communication Alternative et Augmentative

MINSPEAK est basé sur la POLYSEMIE, les autres CAA. sur la MONOSEMIE

 
La communication alternative augmentative! Article paru dans Psychologos 3/2014  et rédigé par ANNE FORNOVILLE-DUBOIS[1].
 
Le 5 mai 2014, le Centre belge de la communication alternative et augmentative COMALSO organisait..
 un symposium en néerlandais, français et allemand, en collaboration avec l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (AWIPH) et der Dienststelle 1 für Personen mit Behinderung (DPB) et la participation de Bruce R. Baker, A.M. L.H.D. Adjunct Associate Professor University of Pittsburgh, afin de présenter les moyens de communication alternative Bliss et Minspeak aux logopèdes, kinésistes, ergothérapeutes, éducateurs, médecins, psychologues, étudiant(e)s… L’objectif de Comalso est d’aider toute personne qui ne peut parler à choisir une communication alternative augmentative ainsi que de former l’entourage de ces personnes handicapées et les thérapeutes à ces moyens de communication. Mots-clés Handicap moteur – Outil de communication

 «L’enfer, c’est les autres»

conclut Sartre dans Huis clos ! «Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nousmêmes, pour notre propre connaissance de nousmêmes…» précise-t-il dans le commentaire de l’enregistrement de la pièce. L’enfer, c’est certainement de ne pouvoir se faire comprendre des autres, comme c’est le cas des patients locked-in (et de tous les autres muets), un problème souvent laissé «dans l’ombre» et peu connu du grand public. C’est justement cette situation qu’a choisie Romeo Castellucci pour la mise en scène d’Orphée et Eurydice de Gluck à la Monnaie cet été : le théâtre et la chambre d’hôpital étaient reliés l’un à l’autre ; pendant la deuxième partie de la représentation, les spectateurs pouvaient voir 4 la patiente en vidéo dans sa chambre d’hôpital (avec les jouets de ses enfants en arrière plan) et elle entendait à l’aide d’écouteurs la musique jouée dans le théâtre. Rien n’a été entrepris sans l’accord préalable de l’équipe médicale, de la famille et, dans la mesure du possible de la patiente elle-même. Cette «mise en scène» a été voulue par l’équipe de la Monnaie et l’équipe médicale, non par voyeurisme maladif ni pour émouvoir le public face à la souffrance de ces personnes mais pour amorcer un dialogue avec la société, pour montrer que ces cas existent. J’ai assisté à une représentation et je peux attester que la salle était subjuguée…

Méthode alphabétique

Un autre cas célèbre est celui du journaliste Jean- Dominique Bauby qui, à la suite d’un accident vasculaire brutal, a été plongé dans un coma profond. Quand il en est sorti, il était aussi atteint d’un « locked-in syndrome ». Dans son corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil, devient son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie. Il cligne une fois pour dire « oui », deux fois pour dire « non ». Avec son oeil, il arrête l’attention de son visiteur sur les lettres de l’alphabet qu’on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières… Avec son oeil, il a dicté le livre, Le Scaphandre et le papillon. La méthode alphabétique est également celle que j’ai utilisée il y a plus de 30 ans pour l’accompagnement d’un jeune patient muet. Fastidieux et navrant ! Personnellement, je n’arrivais pas à communiquer plus que les choses de base dont il avait besoin. Je voyais bien que ce jeune homme disposait d’une intelligence normale. Et je me disais « Que peut bien signifier la vie quand elle est limitée à ce point? »

COMALSO

Il y a 20 ans, Anne Courtejoie, logopède et directrice de COMALSO, a été engagée dans un centre de jour à Kontich. Sa mission était d’apprendre à trois adultes handicapés moteurs muets à utiliser de manière efficace leur cahier de communication composé de symboles Bliss, le but étant de briser leur isolement.

Bliss

SYMBOLES BLISS

Les symboles Bliss ont été inventés par Charles K. Bliss (1897-1985), né Karl Kasiel Blitz dans la ville austrohongroise de Czernowitz (actuellement Tchernivtsi en Ukraine). Bliss a obtenu un diplôme d’ingénieur chimiste à l’Université de Technologie de Vienne. Quand l’armée allemande envahit l’Autriche en 1938, il est envoyé dans les camps de concentration de Dachau et de Buchenwald parce qu’il est juif. Sa femme, catholique allemande, réussit à le faire libérer et le couple s’exile à Shanghai, où Bliss a un cousin. Mais Shanghai est annexé par les Japonais et les Bliss sont confinés dans le ghetto : c’est là que Charles Bliss crée ses fameux symboles. Après la guerre, le couple émigre à Sydney. Bliss a côtoyé des nationalités différentes qui, d’après lui, « se détestaient l’une l’autre, principalement parce qu’elles parlaient et pensaient dans des langues différentes. » Il a voulu créer une langue auxiliaire internationale, sorte d’Esperanto écrit, facile à apprendre, pour permettre la communication entre les différentes communautés    linguistiques. A cet effet, il s’est inspiré des caractères chinois qu’il a appris à Shanghai. L’explosion du tourisme dans les années 1960 suscite la recherche de symboles standards pour désigner les routes, les gares, les aéroports, etc. C’est alors que Bliss adopte le nom de Blissymbolics afin d’éviter que son système soit plagié.

  L’association de +/ - 100 symboles de base, monosémiques, permet   la création d’une infinité   de mots et de phrases.           

En 1971, une institutrice, Shirley McNaughton, ayant découvert les symboles Bliss, contacte Charles Bliss pour lui demander l’autorisation d’utiliser ses symboles pour ses élèves handicapés moteurs. Elle lance un programme de communication alternative augmentative (CAA) destiné aux enfants atteints de paralysie cérébrale au Ontario Crippled Children’s Centre (OCCC). L’interprétation de ses symboles par McNaughton et son équipe ne plaira pas à Charles Bliss, ce qui sera source d’années de conflits entre eux ! Quoi qu’il en soit, le Bliss est une langue idéographique, symbolique, internationale et vivante ! Régulièrement de nouvelles associations de symboles sont créées afin d’obtenir de nouveaux mots. Aujourd’hui, cette langue est utilisée pour communiquer avec des personnes muettes, paralytiques ou paraplégiques. Ce code se présente sous la forme d’une tablette placée devant la personne qui construit ses phrases en combinant les signes entre eux. La Blissymbolics Communication International (BCI) est l’instance qui gère le développement de la langue. Il s’agit d’une langue composée d’environ 2300 symboles, qui possède son propre vocabulaire (écrit sous forme idéographique) et sa propre grammaire (ce qui la rapproche des langues des signes utilisées par les sourds, de façon gestuelle mais non directement écrite). Elle est facile à informatiser grâce à sa graphie simple.  L’idée fondamentale de Bliss est d’utiliser des pictogrammes dont le dessin a été réduit en une combinaison de quelques traits simples : des lignes droites (horizontales, verticales et obliques), des points, des cercles et demi-cercles, des ondulations, et quelques formes spéciales (cœurs, points d’interrogations…). Les symboles obtenus sont ensuite combinés pour former des concepts plus complexes.

Voici quelques exemples:

ISAAC, Lisbonne rapport en Bliss

Ces deux lignes (ciel et terre) délimitent l’espace dans lequel tous les symboles Bliss sont dessinés. (illustration Comalso)

 

 

Un symbole spécial : « contraire de »


  (illustration Comalso)

MinSpeak Exploration de la Word Strategy française

YVAN MAGNIN ET BRUCE BAKER Le principe de MinSpeak (Minimum e orts to Speak) est de permettre le codage de beaucoup de mots avec peu de touches. Il est possible d’intégrer dans une grille le vocabulaire de base de la conversation usuelle.  La recherche démontre que les gens peuvent couvrir environ 75 % du lexique de conversation courante avec 350 mots, même si on sait qu’un adulte utilise chaque jour entre 2 000 et 5 000 mots pour parler, car la plupart des mots sont simples tels que  alors, après, asse , autre, je, tu, il…, qui, que, quoi, donc, où… etc. Ces mots sont souvent difficiles à représenter car non porteurs d’images. Avec MinSpeak, le fait d’utiliser les différentes simples. significations d’une icône permet d’accéder à ces mots.

La grille principale

Observons l’écran et les différentes touches (ou icônes) de la grille principale.

(illustration Magnin et Baker)

La cohérence de la grille

Les icônes sont regroupées visuellement grâce à des couleurs de fond. La première rangée est appelée « ligne d’activités ». Le principe de départ était de donner rapidement accès à du vocabulaire lié à l’activité à laquelle participe l’utilisateur. Le principe s’est ensuite élargi tout en conservant son appellation… Une partie importante des icônes a simplement un fond blanc. Il s’agit des icônes de base permettant de définir le champ sémantique (contexte) d’un mot que l’on souhaite « appeler ».

Manipulation

Appuyons sur l’icône et observons ce qui se passe :

(illustration Magnin et Baker) En appuyant sur une des icônes non grisées, on peut faire dire le mot ou message en question: Couleurs, voir, beau, laid, jaune, vert, bleu…

(illustration Magnin et Baker)

Il est possible de construire des phrases grammaticalement correctes. Sans avoir tout exploré de Minspeak, on entrevoit que ce système permet de construire des phrases grammaticalement correctes et que cela implique pas mal de subtilités. Par exemple, voyons comment sont codés les temps des verbes. Juste en dessous de la ligne d’activités, on trouve les icônes suivantes: (illustration Magnin et Baker) Attention ! Même si l’appareil permet de construire la syntaxe française correctement, on commence toujours, comme pour n’importe quel communicateur débutant, par dire des mots simples, puis des mots-phrases, puis seulement à soigner la syntaxe…

Quelle est la logique qui permet d’associer ces temps à ces icônes ?

(illustration Magnin et Baker)

L’individu regarde une image de lui lorsqu’il était enfant : imparfait. Un appareil à pellicule ne permet de voir la photo prise que dans le futur. L’homme se dit: « aaah, si j’avais une voiture » au conditionnel. « Puisque c’est l’heure, il faut que je le fasse » : subjonctif. « Y dormir », « y aller », « y venir », le « y » est toujours suivi de l’infinitif. On baille « en se levant », le « en » est toujours suivi du participe présent.

La ligne d’activités

Selon les icônes sur lesquelles on appuie, il se peut que la ligne d’activités (1re ligne sous l’a cheur, sur fond jaune) ne ressemble plus à celle-ci-dessous. Pour revenir à cette première activité, il faut appuyer deux fois sur Moyen mnémotechnique : en arrivant à la plage, on choisit l’activité qu’on veut y faire…

Le guide d’icônes

(illustration Magnin et Baker)

La première ligne d’activités comporte le guide d’icônes. Ce système répertorie toutes les combinaisons MinSpeak dans la MAP Française 84T. On peut donc y taper le mot recherché puis appuyer sur [OK] pour voir les différentes icônes à appuyer pour dire un mot.

Le principe MinSpeak

Les utilisateurs apprennent plus vite qu’on ne pourrait l’imaginer. Ils peuvent inclure leur vocabulaire dans la « Words Strategy Française » plutôt que partir de zéro car beaucoup de mots sont déjà programmés.

Comparaison de Blissymbolics® et MinSpeak au moyen d’une taxonomie de symboles

BRUCE R. BAKER, A.M. L.H.D. (Hons. caus.), Department of Communication Science and Disorders University of Pittsburgh (minspeak@minspeak.com) ERIC H. NYBERG III, PhD, Language Technologies Institute School of Computer Science Carnegie Mellon University (ehn@cs.cmu.edu) LYLE L. LLOYD, PhD, CCC-A & SLP Professor Emeritus, Purdue University (lloyd aac@purdue.edu). (Semantic Compaction Systems® – site web www.minspeak.com) Les taxonomies de symboles en CAA

En CAA, il existe 100 collections et systèmes de symboles aidés et non-aidés différents. Les premières classifications de symboles CAA en anglais sont celles de KIERNAN (1977) et KIERNAN, REID & JONES (1982). De 1977 à 1986, plusieurs taxonomies ont été proposées (voir LLOYD & FULLER (1986), p. 166, Table 1). VANDERHEIDEN & LLOYD (1986) ont proposé une taxonomie statique

dynamique. Bien que cette taxonomie ait une valeur clinique ou scientifique, elle n’est pas sans problème car plusieurs collections et systèmes de symboles n’entrent dans aucune de ces catégories.

Taxonomies basées sur des symboles monosémiques

LLOYD ET FULLER (1986) ont proposé la taxonomie de symboles CAA aidés – non-aidés qui n’a pas cette ambiguïté de classification. FULLER, LLOYD ET SCHLOSSER (1992) ont élaboré la taxonomie de LLOYD, QUIST & WINDSOR (1990) et ont publié une taxonomie avec quatre facteurs de classification (aidé/non-aidé, statique/dynamique, iconique/opaque et le système de collection). Avec un appareil de communication (électronique ou non électronique), la personne fait une ou plusieurs sélections (pousser un bouton, pointer, etc.) pour accéder à une unité de langage (un mot, une phrase, une phrase préprogrammée).

Nouvelle taxonomie pour des symboles polysémiques

Les taxonomies étaient basées sur l’accès à une unité de langage par la sélection d’un seul symbole. Pourtant, il existe un système de symboles disponible en plusieurs langues (Minspeak®) pour des appareils de communication avec une voix output. Ce système emploie un système de sélection multiple pour des unités de langage. L’emploi de systèmes de symboles en plusieurs langues nécessite un autre regard sur les taxonomies en général. La taxonomie de symboles proposée inclut toutes les collections de symboles et de sélection existants en CAA. Cette taxonomie est basée sur les critères suivants:  a. Le nombre de symboles dans la collection de sélection  b.  Le degré de relation d’un symbole à l’autre  c.  Les méthodes pour générer de nouvelles significations dans la collection de sélection  d.  La relation entre les symboles dans la collection de sélection et la langue naturelle.

3 types de systèmes

Type 1 : Représentation sémantique linéaire sans éléments définis, avec un nombre total indéfini de symboles dans la collection de sélection (PCS, DynaSyms®, SymbolS5x, etc). La collection de sélection est « open-ended » (ouverte). Type 2 : Représentation sémantique linéaire avec éléments définis et avec un nombre limité d’éléments mais avec un nombre total indéfini de symboles possibles dans la collection de sélection (Blissymbolics©, Pixons® ou le système d’écriture de Chinois Mandarin). La collection de sélection est « open-ended » (ouverte).  Type 3 : Représentation sémantique relationnelle avec un nombre limité d’éléments et avec un nombre restreint de symboles dans la collection de sélection. Les symboles se combinent systématiquement pour générer un nombre indéfini de séquences de symboles (Unity®, English and Swedish Blissymbol Component Minspeak® Words Strategies®, BMWs™). La collection de sélection est «fixed» (fermée).

Propriétés à explorer : linéaire ou relationnelle

Cette présentation explore deux propriétés des systèmes, « linéaire » et « relationnel », ainsi que certaines des propriétés qui définissent chaque catégorie.  Les systèmes de Type 1 et de Type 2 sont linéaires.   Les systèmes de Type 3 sont relationnels. Linéaire Tous les systèmes de type 1 sont linéaires. Pour ajouter un élément de vocabulaire, il faut un nouveau symbole ou il faut renommer un symbole existant, par exemple les Picture Communication Symbols™. Ce type de structure de symboles est celui qui offre le plus de liberté pour créer de nouveaux symboles (photos, objets, etc.). L’iconicité (ressemblance d’un symbole avec ce qui est représenté) est importante. La plupart des systèmes de symboles utilisés en CAA sont de ce type  PCS™, SymbolS5x, Widget Symbols™. Distinguer les systèmes de symboles de type 2 et de type 3 peut être difficile car ils sont tous deux systématiques. Avec les systèmes de type 2, un nouveau symbole ne peut être formé qu’avec les éléments constituants de la collection de sélection. La différence entre les systèmes de symboles de type 2 et type 3 réside en ce que les systèmes de type 2 nécessitent un nouveau symbole dans la collection de sélection comme les systèmes de type 1. Ils sont donc linéaires. Avec un système de symboles de Type 3, un nouvel élément de vocabulaire demande une nouvelle relation entre les symboles dans la collection de sélection, pas un nouveau symbole. Les approches de type 3 ne requièrent pas et ne permettent pas d’ajouter de nouveaux symboles.

©Semantic Compaction Systems Blissymbolics® et l’écriture du Mandarin sont des systèmes de type 2 linéaires parce que l’addition d’un nouvel élément de vocabulaire exige le dessin ou la construction d’un nouveau symbole. Le processus fonctionne de la façon suivante : Par exemple, le radical Mandarin Hansi pour « montagne » est couplé avec un Hansi du mot dont le son ressemble au son utilisé dans le mot Mandarin pour « sommet » ou une notion qui désambiguïse l’idée de « sommet ». Les deux Hansi se combinent pour former un Hansi additionnel dont la signification est « sommet » séparée des significations individuelles des éléments combinés. Les Hansi combinés ont tendance à se modifier. Quand ils sont écrits ensemble, ils deviennent une unité séparée dans le dictionnaire chinois. Le même processus est suivi pour une série de mots qui ont une relation avec l’idée de « montagne ».  ©Semantic Compaction Systems Blissymbolics® est un système de type 2. 88 éléments de  « l’alphabet Bliss » se combinent pour former les symboles Bliss. ©Semantic Compaction Systems Les principes combinatoires de Blisssymbolics fonctionnent comme suit: Les 4 primitives Bliss (verbe, créer, bouche, terre) sont combinées pour représenter le mot anglais «cook» (cuisiner). «Verbe» + «créer»  = «faire». «Bouche» + «terre»  = nourriture.

«Faire» + «nourriture» = «cuisiner».

©Semantic Compaction Systems

Les systèmes de type 2 sont linéaires parce qu’ils ajoutent de nouveaux symboles aux collections de sélection. Les symboles phonétiques, comme en anglais et en français, ne sont pas linéaires; ils sont relationnels.  En mandarin, aller du mot « eau » au mot « glace » implique l’addition d’un nouveau symbole à la collection de sélection. En français, pour aller du mot « eau » au mot « glace », il n’y a pas d’addition de lettres dans la collection de sélection. Le nombre de lettres est toujours de 26. Relationnel Comment fonctionne un système de type 3 ?  Les systèmes de type 3 fonctionnent de façon comparable à l’orthographe. Ils gardent la même collection de sélection à travers tout le développement du vocabulaire. Monosémique (type 1 ou 2) : les symboles ont une seule signification. Polysémique (type 3) : les symboles ont plusieurs significations. Par exemple ici : « nourriture », « fruit », « rouge », « ordinateur ». ©Semantic Compaction Systems Les symboles du type 3 sont utilisés dans des séquences où la signification du premier symbole peut suggérer un thème, une catégorie ou une qualité, en connexion avec les symboles suivants.

Comment fonctionne un système de type 3 ?

©Semantic Compaction Systems « ÉCLAIR » peut signifier « vite » et « POMME »  (« nourriture »).

Exemple d’un système de Type 3  Unity® 144 ©Semantic Compaction Systems Les systèmes de symboles de type 3 ne sont pas linéaires parce qu’il ne faut pas créer un nouvel élément dans la collection de sélection pour créer un nouvel élément de vocabulaire mais une nouvelle relation entre les symboles qui existent déjà. ©Semantic Compaction Systems        ©Semantic Compaction Systems « CAMION » peut signifier « transport » ou « grand ».

©Semantic Compaction Systems ©Semantic Compaction Systems

Autre exemple issu du « fast food », les frites, qui peuvent être représentées par une casserole d’huile bouillante. ©Semantic Compaction Syste

©Semantic Compaction Systems « POMME » peut signifier « nourriture » et « MEDICAL » (le caducée, baguette de Mercure avec deux serpents ressemblant à des spaghetti) représentent les pâtes (la cuisine italienne). ©Semantic Compaction Systems

©Semantic Compaction Systems ©Semantic Compaction Systems Une nouvelle signification est créée à partir d’éléments qui existent dans la collection de sélection. Ils maintiennent leur position sur le clavier. C’est la façon dont on forme des mots avec un clavier orthophonique. Les systèmes de symboles du type 3 n’ajoutent pas de nouvelles icônes (les membres de la collection de sélection) pour développer de nouveaux mots.

Références

BAKER B., NYBERG E.H. (2009) Semantic Encoding Strategies, ASHA Annual Conference 2009, New Orleans, LA. BAKER B., NYBERG E.H. (2008) Semantic Encoding Strategies, ISAAC Biennial Conference 2008, Montreal, Canada. BAKER B., NYBERG E.H., LLOYD L.L. (2011) Clinical Implications of a Symbol Taxonomy for AAC – Electronic and Manual, CSUN Conference on Persons with Disability. Proceedings. BAKER B., NYBERG E.H., LLOYD L.L. (2012) A New Symbol Taxonomy Unites 40 Years of AAC, ATIA Annual Conferences 2011/2012. Proceedings. BAKER, B., SCHWARTZ, P. AND CONTI B. (1990).

Minspeak™ Models and   Semantic Relationships, Proceedings 5th Annual Minspeak Conference, Seattle, Washington, pp. 17-25. LLOYD, L.L., & FULLER, D.R. (1986). Toward an augmentative and alternative   communication symbol taxonomy: A proposed superordinate classification. Augmentative and Alternative Communication,   2, 165-

171. LLOYD, L.L., QUIST, R.W., & WINDSOR, J. (1990). A proposed augmentative and alternative communication model. Augmentative and Alternative Communication, 6, 172-183. VANDERHEIDEN, G., & LLOYD, L.L. (1986). Communication systems and their components. In S. Blackstone (Ed.) Augmentative communication (pp. 49-161). Rockville, MD: American Speech–Language Hearing Association. (invited Chap. in book as part of ASHA’s major project on AAC).  

Quod erat demonstrandum…

Tout cela est bien technique ! Anne Courtejoie et Bruce Baker le savent bien, c’est pourquoi, lors du symposium de mai 2014, Anne avait organisé un jeu en équipes où les personnes handicapées connaissant le Bliss étaient « capitaines » et Bruce avait mis au point une session par Skype avec Chris Klein, un utilisateur de MinSpeak aux Etats-Unis… La méthode alphabétique est fastidieuse. Le Bliss permet à la personne handicapée de s’exprimer avec une certaine autonomie mais requiert que l’interlocuteur connaisse le Bliss. Mais je dois avouer que MinSpeak m’a sidérée  J’ai eu l’occasion de demander à Chris Klein si MinSpeak lui permettait d’avoir une activité professionnelle. Il m’a répondu, grâce à la voix output, qu’il donnait des conférences. Ciel ! Quelle différence avec le jeune homme que j’ai accompagné il y a 30 ans ! 31 MinSpeak offre une autonomie certaine et j’invite le lecteur à visionner les témoignages de Chris Klein sur         31 Youtube, par exemple à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=J9KdG4n690Y&index =2&list=PL5776D25A13C09E77.MinSpeak donne voix et vie. Et il n’a aucun risque de retourner en enfer quand on cherche à entrer en contact avec les autres… MinSpeak existe en anglais, français et allemand mais n’est pas encore au point en néerlandais. Pour tout renseignement concernant l’utilisation des symboles Bliss ou de MinSpeak en Belgique :
Anne Courtejoie : info@comalso.be.


[1] ANNE FORNOVILLE-DUBOIS est psychlologue clinicienne et rédactrice en chef de Psychologos.