AVC – Vingt secondes et tout bascule ! / M.-P. Fayt Davin – Episode 17

CHAPITRE 17

INDICATIONS

Indications pour encourager une convalescence agréable et efficace, vers une guérison…

Les phrases en italique proviennent du livre du Dr Jill BOLTE TAYLOR, une neurologue de Harvard, victime d’un accident cérébral.

Ce docteur témoigne dans « My Stroke of Insight » publié par Viking (USA), et traduit en français sous le titre « Voyage au-delà de mon cerveau » aux éditions Jean-Claude Lattès, ouvrage paru en 2008.

Ces préceptes sont tous valables pour mon cas. Cela dit, ceux-ci peuvent, je le pense, être repris pour la grande majorité des personnes ayant été frappées par une incapacité permanente ou – je l’espère – temporaire semblable à la mienne.

1. Je ne suis pas idiote. Je souffre tout simplement. Accordez-moi un minimum de respect, s’il vous plaît !

2. Approchez-vous de moi, parlez lentement et articulez.

3. Répétez, sans perdre patience, et autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que je comprenne. Il me faut du temps, mais j’y parviens.

4. Quand vous m’approchez, veillez à ne pas retomber dans un rythme plus rapide, un rythme qu’il m’est devenu impossible de suivre.

5. Regardez-moi. Venez vers moi puisque je ne peux me déplacer vers vous. Parlez-moi et prenez le temps de m’écouter.

6. Je souffre d’un traumatisme, d’une paralysie. Pas besoin de me parler fort, je ne suis pas sourde.

7. Ne minimisez pas les bienfaits réparateurs du sommeil.

8. Il m’est vivement déconseillé, voire interdit, de gaspiller ma si précieuse énergie. Protégez-moi et veuillez éteindre radio et poste de télévision dans la pièce où je réside.

9. Toutes les activités que je vous propose de réaliser avec moi encouragent mon cerveau à travailler, développent mes sens et me permettent d’acquérir, de manière agréable, de nouvelles connaissances.

10. Comprenez et acceptez mes petites – ou grosses – envies, par exemple olfactives – respirer les délicieuses fragrances d’une fleur –Ce sont ces envies qui permettent de nouvelles connexions neuronales, en d’autres termes, de probables améliorations de mon état.

11. Croyez-moi : je fais de mon mieux. N’établissez pas de comparaison avec ce dont vous êtes capable.

12. Si vous me posez une question, alors, laissez-moi le temps d’y réfléchir et d’y répondre. Et ensuite, prenez la peine de m’écouter.

13. N’évaluez pas mes capacités cognitives en fonction de la vitesse à laquelle je réfléchis.

14. J’ai besoin de gentillesse, j’ai besoin de douceur, autant qu’un nourrisson. Donnez-les-moi ! J’ai besoin de rires et de bonne humeur autour de moi. Souriez-moi. Faites-moi rire !

15. Adressez-vous directement à moi, sans vous sentir obligé de passer par la personne qui m’accompagne.

16. Redonnez-moi le moral. Partez du principe que je finirai par guérir un jour même si cela me prend plus de vingt ans.

17. Persuadez-vous que mon cerveau n’a jamais fini d’apprendre.

18. Décortiquez, ou plutôt décomposez chaque déplacement en mouvements minuscules qui deviendront les chaînons de ce déplacement. Et laissez-moi prendre le temps qu’il me faut pour réaliser chaque chaînon, aussi infime soit-il. Condition indispensable pour que je puisse progresser.

19. Je suis toujours fière de mes réussites. Elles me donnent du courage pour la suite.

20. J’aime vous faire part des petites améliorations de mon état. Faites preuve d’empathie et aidez-moi à n’avoir d’yeux que pour elles.

21. Je vous en prie, et même si je me répète. J’insiste une fois encore : donnez-moi du temps pour répondre à vos questions. J’ai besoin, plus que quiconque, de faire travailler mes neurones.

22. Pour un œil extérieur, j’ai perdu beaucoup de plumes. Pour un œil extérieur, j’ai acquis des facultés impalpables. Moi, je suis plus que satisfaite d’avoir approfondi, après mon accident vasculaire cérébral, de nouvelles connaissances. Grâce à elles, je me sens vivre.

23. Ma famille, mes amis, mon entourage sont très… très importants : ils contribuent chaque jour à ma convalescence.

24. Rameutez les troupes ! Formez une équipe de soutien. Transmettez la nouvelle à tout le monde afin que chacun puisse m’assurer de son affection. Tenez mes proches au courant de mon évolution et demandez-leur de m’encourager en m’imaginant de nouveau capable de me nourrir ou de me déplacer seule, par exemple.

25. Je suis différente d’il y a cinq ans, deux ans, neuf mois, trois mois, deux semaines… J’ai donc considérablement évolué – dans le bon sens – entre l’écriture et la parution de ce livre.

26. Mon cerveau n’est plus le même. Pouvez-vous respecter les périodes de gestation plus ou moins longues qui permettront d’éventuels déclics propres à ma revalidation ?

27. Je suis devenue plus vulnérable. J’ai besoin de soins, mais aussi de liberté pour progresser.

28. Rappelez-vous que mon traitement médical me fatigue ou m’empêche de me sentir tout à fait moi-même.

A suivre…